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[Podcast] Comment accompagner et développer le numérique éducatif ?


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Temps de lecture : 7 min
Bannière illustrant un podcast itslearning

Publié par : Nadjirou Timera

Découvrez « Le numérique et vous », une série de podcasts qui abordent l’actualité du numérique éducatif à travers le regard d’acteurs et d’actrices de la communauté éducative. Pour ce tout 1er épisode, nous avons interviewé Alexandra Maurice, Chargée de l’innovation pédagogique et du numérique chez l’ISFEC François d’Assise.

Transcription de l’audio.

Alexandra Maurice

Chez itslearning, nous soutenons l’éducation alors quoi de plus naturel que d’aller à la rencontre des acteurs du terrain. Aujourd’hui nous recevons Alexandra Maurice, ingénieure pédagogique à l’ISFEC Aquitaine et chargée de la recherche et développement de l’innovation pédagogique et du numérique. Bonjour Alexandra, vous êtes ingénieure pédagogique à l’ISFEC AQUITAINE depuis presque trois ans, chargée de la recherche et développement de l’innovation pédagogique et du numérique. Comment ça se traduit concrètement ?

Alors, je travaille à l’ISFEC François d’Assise – l’établissement a récemment changé de nom – mais ça recouvre effectivement tout l’ISFEC Nouvelle-Aquitaine donc toute la région Nouvelle-Aquitaine. Alors qu’est-ce que signifie ce titre un petit peu “ronflant” ? Eh bien d’abord, la première de mes missions c’est d’accompagner tous les utilisateurs, qu’ils soient professeurs, enseignants ou étudiants (nous sommes un institut supérieur de formation).

A écouter également : Etre apprenant et référent numérique.

Concrètement, il s’agit de l’accompagnement au niveau de l’organisation, c’est à dire je suis une interface entre les différentes communautés apprenantes. L’objectif est de rendre la plateforme LMS itslearning plus conviviale, proposer des contenus, etc.

Au niveau des formateurs, c’est plus qu’un accompagnement technopédagogique et l’assistance au niveau du support technique sur les fonctionnalités d’itslearning, mais aussi sur comment mieux proposer, mieux programmer, comment mieux scénariser, etc. Au niveau des étudiants, c’est la prise en main à la rentrée et puis le support technique au fur et à mesure, si des soucis surgissent.
 

Parmi toutes ces activités et cet emploi du temps qui n’est pas extensible, mais très étendu, à propos de l’accompagnement des formateurs, avez-vous ressenti un avant/après confinement ? Avez-vous noté une évolution dans les besoins ?

Oui absolument, nous avions l’avantage à l’ISFEC François d’Assise de déjà accompagner nos formateurs vers l’hybridation de leur parcours de formation en proposant justement des ateliers à distance, de façon synchrone et asynchrone, et en utilisant aussi le LMS itslearning pour le présentiel. Donc, ils étaient déjà un peu préparés, sensibilisés.

Malgré tout, nous avons mis en place un espace de travail spécifique pour les formateurs, récapitulant tout ce qu’il est possible de faire avec les outils de la plateforme LMS et même ce qu’il est possible d’ajouter comme outil tiers (intégrations). Ils ont très vite compris, et ils ont peut-être plus vite compris avec le confinement, que la plateforme était un endroit centralisateur, pour communiquer avec les apprenants, donc rester en lien avec eux et aussi proposer de l’interactivité, même à distance.

Dès lors, il y a eu un déclic : ils ont vraiment compris que la plateforme était l’outil désigné pour communiquer, travailler, étudier (même les étudiants ont réclamé des espaces pour continuer à communiquer entre eux) avec seul login et mot de passe. Alors, évolution oui, moi je dirais même une amélioration car l’idée étant qu’aujourd’hui ils se sentent plus “sécurisés”, en tout cas plus en sécurité et puis maintenant, ils demandent à aller au-delà. Je dirais que nous avions avant, une utilisation basique, intermédiaire, mais maintenant, nous allons pouvoir aller vers des choses plus complexes, plus sophistiquées et intéressantes, autant pour les formateurs que pour les apprenants.

Capture d'écran de la plateforme LMS itslearning utilisée chez l'ISFEC Aquitaine

Capture d’écran de la plateforme LMS itslearning utilisée chez l’ISFEC François d’Assise pour former les formateurs

 

Pour résumer, on voit bien ici que la plateforme vous permet de centraliser, comme vous l’avez dit, de nombreux outils numériques. D’ailleurs, je pense que vous êtes assez d’accord avec le fait que l’outil reste au service de l’usage qu’on en fait. Alors quelle est la plus-value de cette intégration du numérique dans les pratiques ?

Je dirais même que le numérique est au service de la pédagogie et non l’inverse, ça c’est un mantra. C’est un mantra qu’on se répète et qu’on répète aussi à nos formateurs et à tous ceux qui veulent entrer dans les usages pédagogiques. En réalité, il y a plusieurs dimensions que le numérique peut apporter à la pédagogie. Au niveau du présentiel on peut proposer un “présentiel enrichi”. C’est-à-dire qu’il y a plus de suivi, d’automatisation, de communication en intersessions, etc. Concrètement, je ne vois pas mes apprenants pendant un certain laps de temps, mais j’ai toujours accès à la plateforme pour les relancer, les captiver, les engager sur la prochaine session.

Finalement, toute la mise en activité asynchrone est facilitée grâce au numérique, même s’il ne faut pas négliger l’humain. C’est justement ce que permet aussi une plateforme d’apprentissage tel qu’itslearning. C’est-à-dire qu’elle permet aussi de garder le contact, de rester en lien et de proposer des outils de communication.
 

Outre toutes vos missions, parmi les constats et les éléments que vous nous avez apportés, quels sont les axes de formation vous privilégiez ?

Dans un premier temps, ce que veulent les gens c’est d’être sécurisé car souvent ils se mettent martel en tête en se disant : “Je ne suis pas doué, je n’y arriverai pas, etc.” alors que l’on peut entrer par la petite porte et finalement progresser rapidement en faisant des choses simples et basiques puis après passer à autre chose. Il s’agit donc avant tout de sécuriser et d’accompagner à une meilleure utilisation et se dire : « Non, il n’y a rien de grave, vous n’êtes pas en train d’opérer quelqu’un à cœur ouvert. Ne vous inquiétez pas si vous avez fait une erreur, vous pouvez supprimer puis recommencer. »

C’est donc sécuriser les personnes sur l’outil et après, je dirais presque en même temps, c’est la scénarisation et la programmation des apprentissages sur la plateforme. L’un ne va pas sans l’autre mais au départ, ce que nous faisons en général, c’est de leur demander : « Que voulez-vous faire avec les apprenants, où voulez-vous les emmener, que prévoyez-vous de faire avec eux ? » et après vient l’aspect “outils” et l’aspect « Comment fais-tu concrètement sur itslearning pour faire ce que tu avais prévu de faire ? ».

Ensuite, il y a des propositions un peu redondantes, mais qui sont toujours d’actualité et qui mobilisent toujours autant les formateurs. On note souvent : comment favoriser la collaboration ? Que puis-je proposer pour les activités asynchrones ? Que puis-je proposer pour rendre mon parcours plus convivial et plus interactif ? Que puis-je proposer pour conserver l’engagement ?
 

Comment vous faites justement pour créer cette émulsion entre formateurs, car vous proposez des questionnements qui, j’imagine bien ne sont pas de votre fait ?

Effectivement, ça relève de la veille et puis ça remonte des besoins des formateurs qui se disent : « J’en suis là maintenant, j’aimerais bien faire un petit peu plus au niveau de l’interactivité, j’aimerais bien proposer plus d’activités collaboratives, etc. » Et à ce moment-là, nous déclenchons des actions de communication, des petits ateliers ainsi qu’un « digital café » tous les mois.
 

Justement vous pouvez nous en dire plus sur ce « Digital café » ?

Le « Digital café », c’est un rendez-vous mensuel tourné vers des problématiques en pédagogie numérique durant lequel il est proposé aux formateurs de les amener à pousser encore un petit peu plus loin leurs propositions pédagogiques. Il peut s’agir de les améliorer ou de les rendre plus sophistiquées. En tout cas, il est question de faire sortir les formateurs de leur zone de confort et leur disant notamment : “Voilà aujourd’hui tu fais ça, demain tu voudrais faire ça, comment fais-tu pour aller de A vers B ?” Sans toutefois proposer des choses trop complexes pour ne pas risquer de les faire sortir de leur zone proximale de développement.

Ces échanges sont donc articulés autour de “moments pédagogiques” et de phases de déploiement opérationnel sur itslearning. A titre d’exemple, le sujet du précédent « Digital café » était : Comment développer la collaboration dans mon parcours hybride ? Et le prochain s’intitulera : Comment gamifier mon parcours hybride ?

Il y a toujours un aspect « collaboratif” avec des apports, des partages d’expériences entre formateurs, etc. puis on fait une petite démo sur itslearning pour leur démontrer comment ils peuvent mettre en place leurs projets via la plateforme, comment créer des documents collaboratifs, utiliser le forum, comment mieux proposer un forum aux apprenants, comment le modérer, quelles règles, quelles consignes on donne. Donc concrètement, nous démontrons l’intérêt des fonctionnalités selon leurs besoins.
 

Finalement, vous êtes toujours à l’écoute, force de proposition, vous interrogez les vues des formateurs, quelles sont leurs intentions, pour ensuite décliner sur de l’opérationnel sur la plateforme de sorte à pouvoir l’analyser, la pratique. Mais donc, Alexandra, comment se dessinent les prochains mois ?

Plein de nouveaux projets évidemment ! L’un d’eux sera de fédérer, d’organiser nos communautés apprenantes autour de thématiques de recherche. Allier les sujets de prédilection et d’expertise de l’IFSEC François d’Assise à un côté davantage tourné vers la recherche-action, la recherche appliquée. Proposer également de nouvelles modalités, enrichir les parcours de nouvelles propositions, accompagner et former à la bimodalité (nous avons de plus en plus de formations bimodales), produire des modules de formation, etc. Enfin, sur le plan personnel, valider ma formation car je suis inscrite à un diplôme universitaire intitulé : “créativité en formation”.


Nadjirou Timera,

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